Écrire une fiche de poste qui se laisse analyser
Une fiche floue produit un tri flou, qu'il soit fait par un humain ou par une machine. Six règles pour écrire une fiche dont on puisse vraiment se servir.
Ce qui rend une fiche inexploitable
Trois défauts reviennent presque toujours : des compétences implicites que tout le monde dans l'équipe connaît mais que personne n'a écrites, des listes fourre-tout où l'indispensable côtoie le décoratif, et des adjectifs à la place des situations.
« Rigoureux, autonome, bon communicant » ne se vérifie sur aucun CV. Ce qui se vérifie, c'est « a mené seul une migration en production », « a formé deux nouveaux arrivants », « a tenu une astreinte ».
Séparer l'indispensable du souhaitable
C'est la seule distinction qui change réellement le résultat d'un tri. Une fiche qui met sur le même plan sept ans d'expérience en Go et la connaissance d'un outil interne condamne le tri à traiter les deux de la même façon.
En pratique : quatre ou cinq exigences critiques au maximum. Au-delà, ce n'est plus un poste, c'est une liste de vœux, et le tri écartera des candidats parfaitement capables.
Nommer la technologie et le niveau attendu
« Connaissance de Kubernetes » recouvre aussi bien avoir suivi un tutoriel qu'avoir opéré un cluster de production. Préciser le niveau attendu évite d'écarter les bons et de convoquer les autres.
Trois formulations suffisent, et elles se vérifient toutes :
- a déjà mis en œuvre en production, seul ou en binôme ;
- a utilisé dans un cadre encadré, sans en être responsable ;
- doit pouvoir monter en compétence en quelques semaines.
Décrire le travail, pas l'organigramme
Un candidat compétent choisit sur le contenu du travail : ce qu'il y aura à faire les six premiers mois, avec quelle équipe, sur quel produit, avec quelle dette technique. Le rattachement hiérarchique et la liste des valeurs de l'entreprise n'apprennent rien à personne.
Ce contexte sert aussi au tri : il permet de reconnaître qu'un candidat a déjà tenu ce type de rôle, même si les intitulés diffèrent d'une société à l'autre.
Écrire pour être lu, y compris par une machine
Un texte structuré — des exigences en phrases courtes, une par ligne — se laisse analyser aussi bien par un lecteur pressé que par un outil. Ce n'est pas une concession faite aux logiciels : c'est la même clarté qui sert dans les deux cas.
À l'inverse, un paragraphe de dix lignes où sont noyées quatre exigences oblige tout le monde, humains compris, à deviner ce qui compte.
Un modèle en huit lignes
De quoi tenir sur un écran, et suffisant pour un tri sérieux :
- l'intitulé réel du poste, celui que le candidat cherchera ;
- le contexte en trois phrases : produit, équipe, état de l'existant ;
- quatre ou cinq exigences critiques, une par ligne, avec le niveau attendu ;
- trois exigences importantes ;
- ce qui s'apprend sur place, dit explicitement ;
- les six premiers mois : ce qu'il y aura à faire ;
- les conditions concrètes : lieu, télétravail, astreinte, déplacements ;
- la fourchette de rémunération — son absence coûte plus de candidatures que son montant.
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